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Des phytos interdits sur les SIE à compter de 2018

Christian Gloria
21 juin 2017

La mesure a été votée au Parlement européen. Il faudra se passer des phytos sur les surfaces d’intérêt écologique (SIE) pour lesquelles les cultures intermédiaires et les protéagineux sont éligibles.

J. Weber, Inra
En sa qualité de culture mellifère et protéagineuse, la féverole fait partie des espèces éligibles aux SIE.

Est-ce un mauvais coup porté au développement des cultures protéagineuses ? Le Parlement européen a voté le 13 juin l’interdiction des pesticides sur les SIE, surfaces d’intérêt écologique. Il a retenu la proposition de la Commission européenne de simplifier le dispositif de verdissement de la PAC. Pourtant, la Commission agriculture du Parlement était contre. Mais les députés ne l’ont pas suivie à Strasbourg. La mesure doit entrer en application en 2018.

Elle n’est pas anodine car elle concerne, entre autres, toutes les plantes fixant l’azote (les légumineuses) éligibles au SIE, parmi lesquelles les protéagineux. Une part des pois, féverole, lupin, luzerne et autres légumineuses fourragères sont cultivées au titre de la SIE, qui doit occuper au moins 5 % des surfaces arables de l’exploitation, condition pour bénéficier du paiement vert de la PAC. Les cultures intermédiaires en font partie également.

« Une mise en jachère de 5 % des surfaces arables »

Des groupes politiques tels que celui des Socialistes et Démocrates souligne la cohérence de cette mesure. « Il est fondamental de réserver les SIE pour ce à quoi elles sont destinées : préserver la biodiversité et les pollinisateurs, essentiels à notre agriculture. » Mais d’autres groupes ainsi que des syndicats agricoles comme la FOP s’indignent. « C’est une décision inique car elle remet en cause les orientations qui avaient été prises en 2013 prévoyant que la mise en place du verdissement ne devait pas se traduire par un accroissement des contraintes pour les producteurs, ni par une réduction de la production agricole. » Dans un communiqué commun, AGPB, AGPM et CGB voient « une décision qui entraînera une diminution des cultures intermédiaires et une forte baisse des légumineuses, en contradiction avec trois des objectifs majeurs de la PAC et du verdissement : favoriser la diversité des assolements, participer à l’atténuation du changement climatique et développer une source d’approvisionnement en protéines pour l’élevage dans un contexte européen très déficitaire. La conséquence sera la mise en jachère jusqu’à 5 % des surfaces arables en Europe ».

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