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Les SDHI au coeur d’une nouvelle polémique

V.Noël
20 avr 2018
C.Gloria
Les SDHI sont utilisés comme fongicides à large spectre sur céréales à paille.

Les inhibiteurs de la succinate deshydrogénase, plus communément appelés SDHI, vont-ils se retrouver comme le glyphosate ou les néonicotinoïdes dans l’oeil du cyclone des associations de défense de l’environnement ou des consommateurs ? La tribune publiée le 15 avril dans le quotidien Libération signée par un collectif de chercheurs du CNRS, de l’Inserm et de l’Inra n’est en tout cas pas passée inaperçue.

Les scientifiques signataires reviennent sur le fonctionnement de cette famille de substance qui est (ré)utilisée depuis quelques années pour ses effets fongicides sur les céréales à paille. Les SDHI bloquent une enzyme, la succinate déshydrogénase (SDH), nécessaire à la respiration cellulaire et présente dans les mitochondries d’un très grand nombre d’êtres vivants, dont l’homme. Les chercheurs dénoncent les risques de maladies graves (encéphalopathies, par exemple) que peuvent entraîner la mutation de ces enzymes chez l’homme. « Comment ne pas se sentir concernés par la présence des SDHI dans nos assiettes à travers la contamination des aliments ? Comment de tels pesticides ont-ils pu être mis sur le marché avec l’assurance de n’avoir aucun impact sur la santé humaine, mais aussi sur l’écosystème tout entier ? », questionnent-ils.

Ils soulignent également les risques liées à l’accumulation de succinate dans les cellules en cas de dérèglement des SDH, phénomène pouvant entraîner la dérégulation de nombreux gènes, peut-être à l’origine de tumeurs. Le collectif appelle donc « à suspendre l’utilisation tant qu’une estimation des dangers et des risques n’aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants des industriels distribuant ces composés et des agences ayant précédemment donné les autorisations de mise sur le marché des SDHI ».

L’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire) a annoncé le 18 avril la mise en place d’un groupe d’experts dédié. Le débat ne fait que commencer. Retrouver nos publications sur le sujet dans notre dossier.

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