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Foncier : plus de transactions mais des prix en baisse

V. N.
05 juil 2018

D’après la FNSafer, les ventes de terres libres ont progressé de près de 6 % en surface en 2017, les prix perdant en moyenne 0,8 %.

J.Chabanne
En grandes cultures, les prix des terres libres baissent pour la seconde année consécutive de 0,5 % en moyenne.

Le foncier agricole attire. Selon les chiffres diffusés fin mai par la FNSafer (fédération nationale des Safer), les ventes de terres libres sont en hausse de 7,6 % en nombre et de 5,9 % en surface. 381 000 hectares ont été échangés, soit le plus haut niveau depuis 2001. Ces progressions se sont logiquement traduites en valeur, le marché augmentant de 15,5 % à 4,6 milliards d’euros… Mais les prix à l’hectare, 5 990 euros en moyenne, ont baissé pour la première fois depuis 1996. De 0,8 %, la réduction est légère mais indiscutable. La FNSafer met cette baisse sur le compte de la prudence des acteurs du marché dans un contexte économique encore incertain. « Et l’offre importante de biens à la vente permet aux acquéreurs de négocier les prix à la baisse », ajoute-t-elle dans son rapport sur les prix des terres.

Le reflet du moral des agriculteurs

Concernées avant l’heure une première fois l’an dernier, les terres de grandes cultures n’échappent pas au phénomène : à 7 240 euros, le prix de l’hectare diminue de 0,5 % même s’il reste supérieur de 24 % à la moyenne nationale. La FNSafer y voit « un reflet du moral des agriculteurs », plombé par les retombées de la récolte 2016 et les mauvais prix de 2017. Une région talonnée par les difficultés comme la Bourgogne-Franche-Comté fait pourtant exception : les prix y progressent de 6 % à 3 030 euros l’hectare, portés par l’attrait des terres céréalières à fort potentiel.

Paradoxalement, le prix des terres louées s’accroît de 3 % pour monter à 4 690 euros. De 4,2 %, la hausse est plus forte en zones de grandes cultures (6 010 euros/ha en moyenne). La FNSafer explique cette contradiction apparente par la moindre sensibilité de ce marché aux effets de conjoncture : les prix y sont souvent négociés plusieurs années à l’avance par le fermier et son propriétaire.

Un marché des parts sociales important en valeur

Depuis la loi d’avenir de 2014, les Safer doivent être informés des ventes de parts sociales ou d’actions de sociétés agricoles. Selon la FNSafer, elles ont représenté en 2017 20 % du total des ventes en valeur de foncier agricole. Rappelons que les Safer n’exercent pas leur droit de préemption sur ce type de transaction.

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