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Les chasseurs appelés à intervenir dans la lutte contre les oiseaux

Lucie Debuire
08 fév 2018

La lutte des corvidés et des pigeons peut être réalisée par les chasseurs... Sous conditions.

Rihaij/ Pixabay
La régulation des populations d'oiseaux est possible hors saison de chasse si elles ont reçu l'appellation "nuisibles".
FDC
Thibault Mendoza, technicien à la Fédération des chasseurs de l’Aube : "En 2014, nous avons fourni des kits de régulation par le tir aux chasseurs".

A l'origine de nombreux dégâts dans les semis de tournesol et de maïs en particulier, pigeons et corvidés sont des espèces considérées comme "chassables" pendant la période de chasse. De fait, la chasse est un moyen de réguler les populations. « Les dates varient selon les départements », précise Jean-Pierre Arnauduc, directeur technique à la Fédération nationale des chasseurs. En dehors de la saison, pour pouvoir réguler leur population et ainsi éviter les dégâts lors des semis de printemps, ces oiseaux doivent être classés « susceptibles d’occasionner des dégâts », nouvelle appellation de « nuisibles », via une dérogation de la directive Oiseau européenne. Pour l’obtenir, les dégâts d’oiseaux doivent être importants et une présence significative doit être reconnue.

« On évalue cette présence significative à plus de 500 captures par an et par espèce, ajoute Jean-Pierre Arnauduc. Les dégâts d’une espèce sont dits 'importants' lorsqu’ils sont évalués à plus de 10 000 euros par an. » Dans ce cas, le département est alors vulnérable aux dégâts. « Cela dépend des cultures implantées dans ces zones », poursuit-il. La décision de classer les corvidés dans cette catégorie est prise par le ministre de l’Écologie. Le préfet publie ensuite des arrêtés précisant les modalités de prélèvement. Cette décision est valable trois ans. Pour les pigeons, le classement, défini par le préfet, est revu chaque année.

Des modalités définies par les préfets

Une fois les espèces classées « susceptibles d’occasionner des dégâts », les chasseurs obtiennent l’autorisation de les réguler hors de la saison de chasse, les périodes étant définies par le préfet. « La destruction est vue comme une opération de dernier recours quand tout autre moyen de protection a échoué, comme par exemple l’effarouchement », indique Terres Inovia dans une note de février 2017. Selon les départements, la corneille noire, le corbeau freux et le pigeon ramier peuvent être tirés posés ou au vol. Seuls les corvidés (corbeaux freux, corneilles noires) peuvent être piégés dans des cages avec l’utilisation d’appâts carnés. Dans ce cas, l’agrément n’est pas obligatoire. Toutefois, les opérations de piégeage doivent être déclarées en mairie et le carnet de prises doit être tenu à jour.

Avis d'expert : "Nous délivrons des kits et formations à la destruction des corvidés"

« En 2014, en partenariat avec la FDSEA et la chambre d’agriculture de l’Aube, nous avons fourni des kits de régulation par le tir aux chasseurs, explique Thibault Mendoza, technicien à la Fédération des chasseurs de l’Aube. On y trouve des appelants en plastique, des tenues de camouflages et des filets. Ces outils aident le chasseur à s’approcher au plus près du corbeau sans se faire démasquer. Financé par nos partenaires à hauteur de 100 euros, le chasseur achète le kit 20 euros. En parallèle, nous délivrons des formations sur la réglementation et la technique de chasse. Les astuces que nous donnons aux chasseurs s’avèrent efficaces car le nombre d’oiseaux prélevés augmente. 200 chasseurs se sont formés en deux ans. Maintenant, la formation est ouverte pour une trentaine de personnes chaque année et coûte 10 euros par participant. »
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