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Les planteurs de betterave souhaitent plus de transparence 

V. N.
19 déc 2017

En cette année de forte production, les producteurs de betterave font l’apprentissage d’un marché libéralisé.

J.-C Gutner/archives
La durée de la campagne betteravière est passée de 100 jours en 2016 à 133 jours en 2017.

« Nous sommes dans l’an un de l’après-quota », a commenté Éric Lainé, président de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves), en conférence de presse le 7 décembre à Paris. Depuis le 1er octobre, finis les quotas et les prix minimum garantis de la betterave et du sucre. Cette nouvelle ère commence avec une production record : la hausse des surfaces de 20 %, à 475 000 ha, s'est doublée d'une météo très favorable, conduisant à un rendement de 93 t/ha et à une production de 44,2 Mt de betteraves à 16°S. En 2016, elle n'était que de 34,5 Mt, la moyenne sur les cinq dernières années s'affichant à 36,7 Mt. L'Hexagone produirait donc 6,1 Mt de sucre au lieu de 4,8 Mt l'an passé, une hausse des volumes souhaitée par la filière. En parallèle, la durée de la campagne s'est considérablement allongée, passant de 100 jours en 2016 à 133 jours en 2017. Cela représente « des économies d’échelle pour les industriels mais des contraintes fortes pour les agriculteurs », a signalé Pierre Rayé, directeur général du syndicat, car pour les betteraves arrachées tôt, les rendements sont inférieurs de 30 % à leur valeur en période optimale.

La CGB veut un relèvement des indemnités d’arrachage précoce

« La CGB demande que les indemnités d’arrachage précoce soient relevées », a indiqué Éric Lainé. L'objectif du syndicat est plus largement de mieux partager la valeur ajoutée dans la filière. Mais c’est là que le bât blesse : les producteurs doivent désormais négocier avec chaque industriel au sein des commissions de répartition de la valeur. Pas simple. Ce nouveau marché libéralisé est à la fois plus concurrentiel et moins transparent. « Nous n’avons pas de cours officiels pour presque 70 % de nos volumes », a ainsi relevé Timothé Masson, chargé d'affaires économiques à la CGB. Et les planteurs ne savent pas comment les industriels s’arbitrent sur les différents marchés.  « Nous demandons plus de transparence », a indiqué Éric Lainé. Parmi les solutions envisagées par le syndicat : proposer aux planteurs des prix de betterave bâtis sur le marché à terme du sucre, afin qu'ils puissent gérer leurs risques. « Dans le cadre de l’interprofession, il faut que l’on travaille mieux », a souligné Pierre Rayé. Cette nouvelle ère va demander à chacun des efforts d’ajustements.

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