Publicité
E-mailPrintFacebookTwitter
Marché international

Blé dur : Prudence dans un monde en pleine évolution

Thierry Michel
19 fév 2018

La journée filière Blé dur, à Toulouse le 8 février, était consacrée en partie aux marchés. Si des signes positifs existent, les évolutions géostratégiques empêchent toute euphorie.

Arvalis - Institut du végétal

Dans un contexte monétaire (parité euro/dollar) défavorable aux origines France et UE et avec nombre d’interrogations sur les acteurs classiques (stocks de fin de campagne canadien et italien, besoins italiens qui se stabilisent en quantité), le marché français du blé dur a du mal à trouver ses repères. Arvalis-Institut du végétal note, sur les dernières campagnes, des évolutions sur les origines en matière d’importation dans l’UE : le Canada perd un peu d’influence alors que le Kazakhstan, la Russie ou encore l’Australie montent en puissance. Et si la France renforce légèrement sa place à l’export sur l’intra-UE, la Slovaquie et la Hongrie gagnent des parts de marché au détriment de l’Espagne et de la Bulgarie.

Pour la France, les pays du Maghreb restent une destination classique, toujours remise en question et à travailler sur chaque campagne. Quant à l’Italie, sa demande en blé dur origine France dépend avant tout des qualités et volumes d’origine canadienne qui reste la première source visée.

L’Est en vue !

Mais la grande tendance de ces marchés mondiaux, c’est l’émergence des origines mer Noire. Si la production ukrainienne reste « anecdotique », la Russie et surtout le Kazakhstan se révèlent de plus en plus présents. La production de blé dur dans ces trois pays atteint aujourd’hui plus de 1 Mt/an (dont plus de la moitié en provenance du Kazakhstan). Et la volonté kazakhe est claire : les trois quarts de cette production sont destinés à l’export. 

L’Italie y trouve son compte et, dernièrement, des pays comme la Suède, la Finlande, la Pologne et même l’Algérie se sont portés acheteurs. À l’horizon 2020, le Kazakhstan espère produire 676 000 t de blé dur (+20 % comparés à aujourd’hui). Si la Russie reste un acteur significatif (même volume que le Kazakhstan avec des qualités légèrement supérieures), l’Ukraine présente un potentiel certain du point de vue agronomique, même si la filière est à structurer.  

Publicité