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De nouvelles formations à l’Aneefel pour s’adapter aux évolutions

Réforme de la formation professionnelle oblige, la branche de l’expédition-exportation de fruits et légumes s’est adaptée en mettant au cœur de ses priorités les parcours de formation qualifiants. C’est ainsi que l’Aneefel, via sa CPNEFP (1), lance une formation pour le métier d’agent qualité, en trois modules (agréage et autocontrôle, hygiène et sécurité des aliments, démarches qualité) plus un optionnel sur FeL Partenariat pour les entreprises (pré)engagées dans la démarche. Cette formation est organisée et dispensée par le CTIFL. La première session aura lieu fin novembre.

Ce thème Qualité n’est pas anodin. La qualité est de plus en plus au cœur des métiers de l’expédition-exportation. Il est aussi question de la gestion des risques, qu’ils soient d’ordre phytosanitaires ou de normalisation. Rien que dans le cadre de FeL Partenariat, 320 personnes ont été formées sur les trois métiers (expéditeurs-exportateurs, importateurs et grossistes) en sept ans. « Entre FeL Partenariat et la formation Qualité spécifique à l’Aneefel, on dessine la politique qualité des fruits et légumes dans le BtB », affirme Valérie Avril, directrice de l’Aneefel. « Cette thématique Qualité fait écho à la politique formation de la branche qui a conduit à la création de parcours de formation modulaires pour ses métiers prioritaires, parmi lesquels l’agent qualité, précise Michel Mourgue-Molines, directeur d’Intergros. En 2016, les formations professionnalisantes en lien avec les métiers de la qualité sont en augmentation à la fois dans le cadre des dispositifs mobilisés par les entreprises et du CPF, à l’initiative des salariés. »

L’Aneefel a six autres formations prêtes (2) pour un total de 38 modules, dont le contenu de parcours de formation a été élaboré par l’Observatoire des Métiers d’Intergros. « Il s’agit de formations très spécifiques des fruits et légumes, prenant en compte la particularité de ces métiers très opérationnels et saisonniers, ou encore le fonctionnement du marché : des prix qui varient d’heure en heure, la périssabilité des produits, comment maintenir le lien avec ses clients et fournisseurs…, précise Philippe Husson, chef du département Formations au CTIFL. Les formations seront ouvertes à d’autres branches car on peut trouver des problématiques communes, comme par exemple entre les expéditeurs et les coopératives pour la formation d’agent qualité. »

 

Des kits de formation interne

« Les partenaires sociaux ont demandé à l’Observatoire des métiers d’Intergros d’élaborer le contenu de parcours de formation adaptés aux spécificités de la branche, explique Michel Mourgue-Molines. Ces parcours sont professionnalisants -car en lien avec les métiers-, qualifiants -afin de présenter une opportunité d'évolution- et modulaires -car adaptés aux besoins en compétences des entreprises, à leur activité et au profil du salarié. » Les formations sont prises en charge par Intergros dans le cadre de la période de professionnalisation, à condition que le parcours atteigne une durée minimum de 70 h.

Par ailleurs, la branche a créé huit kits de formation interne (parcours de formation au sein de l’entreprise par des tuteurs et/ou formateurs internes maîtrisant le ou les métiers ciblés), composés d’un guide pédagogique pour les animateurs internes, des supports de présentation à adapter au contexte de l’entreprise et des grilles d’évaluation ainsi que deux guides de prise de poste destinés à favoriser l’intégration professionnelle pour les métiers d’Opérateur de préparation et de conditionnement et d’Opérateur logistique.

 

Petite branche exemplaire

Depuis plus de dix ans, le secteur a mis en place une véritable politique de branche pour améliorer la formation et les emplois. « Nous avons même été précurseurs sur les outils pour les entretiens professionnels!, précise Valérie Avril. Nous sommes une petite branche mais exemplaire, avec un bon dialogue social. Intergros nous a toujours accordé beaucoup de soutien. » Une petite branche exemplaire, certes, mais qui s’interroge sur son avenir. « Que serons-nous dans quatre ans ? Nous représentons 13 000 contrats de travail, soit 6 500 effectifs moyens annuels. C’est peu au regard des exigences de l’État qui souhaite des branches plus importantes. Doit-on se regrouper avec d’autres “filières” dont les métiers sont proches ? Nous cherchons à faire des choses adaptées à la spécificité de nos métiers et à la taille de nos entreprises. Il faut garder cette particularité. »

 

Réformes successives qui impactent la formation

Le CTIFL rapporte que les entreprises ont beaucoup utilisé le plan de formation au vu des avantages : formations ciblées sur les problématiques des entreprises, courtes, d’un tarif avantageux. La loi du 5 mars 2014 a sensiblement bouleversé le paysage de la formation professionnelle autour de l’individualisation (avec le CPF), la certification (en fléchant prioritairement les financements mutualisés sur les certifications professionnelles) et l’apprentissage. La réforme implique désormais des stages plus longs. « Ces formations sont moins adaptées à ce qu’on fait, et le calendrier est subi, note Philippe Husson. Or les entreprises du secteur ont une forte contrainte liée à la saison donc pour les TPE-PME, c’est compliqué. Et comme le financement est moins élevé par personne, il faut être au moins dix stagiaires pour que ce soit finançable. Mais le pari est intéressant. Par exemple sur la formation d’agent qualité, dix jours de stage permettent d’aborder en détail l’ensemble des notions. C’est pédagogiquement intéressant. »

« Il y a eu trop de réformes dans un court laps de temps. Il faudrait que les choses s’inscrivent dans la durée, estime Bruno de La Comble (directeur des Ressources humaines de ProNatura), président de la CPNEFP. Dans le même temps, le CPF a été très positif car il responsabilise le citoyen – donc le salarié. » Michel Mourgue-Molines précise : « Depuis la création du CPF et afin de favoriser son développement, Intergros a financé l’intégralité des parcours de formation réalisés dans le cadre du CPF, quel que soit le nombre d’heures de formation. Les salariés des entreprises d’expédition-exportation de fruits et légumes qui ont mobilisé leur CPF pour suivre une formation en ont donc bénéficié. Cette disposition temporaire pourrait être reconduite en 2018, l’arbitrage du conseil d’administration d’Intergros survenant en décembre prochain. » « Pour la branche, il s’agit d’une réelle opportunité. Cela représente plusieurs millions d’euros », souligne Bruno de La Comble. Aujourd’hui, les chiffres “formation” sont en baisse. De manière générale, on observe systématiquement une diminution du nombre de stagiaires pendant un an ou deux après une réforme, le temps de la mise en place.

(1) Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle.

(2) Responsable de la préparation des produits, responsable d’unité de préparation et de conditionnement, coordonnateur de ligne, responsable commercial, vendeur fruits et légumes, acheteur-vendeur.



Le financement de la formation professionnelle

       

Les entreprises de onze salariés et plus contribuent au financement de la formation professionnelle à hauteur de 1 % de leur masse salariale, les autres à hauteur de 0,55 %. Cette contribution permet le financement des dispositifs tels que le CPF, les contrats et périodes de professionnalisation… « Par exemple, Intergros finance les parcours de formation professionnalisants de la branche tel que celui de l’agent qualité sur la base d’un forfait de 15 €/heure de formation », précise Michel Mourgue-Molines, directeur général d’Intergros.

CPPNI et CPNEFP

       

La branche expédition-exportation de fruits et légumes négocie actuellement une CPPNI (commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation) et d’une dispose d’une CPNEFP (commission paritaire nationale de l'emploi et de la formation professionnelle), élargie au secteur des fabricants de végétaux prêts à l’emploi depuis 2007. Cette CPNEFP s’occupe des aspects Formation (identification des compétences pour les différents postes, élaboration des parcours de formation reliés à chaque métier, etc.), en lien avec Intergros. L’Aneefel a obtenu sa reconnaissance en tant qu’organisation d’employeurs représentative pour la Convention Collective Nationale de l'Expédition et d'Exportation de fruits et légumes cet été (arrêté du 20 juillet 2017).

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