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Des futures fraises résistantes à l’oïdium

Le Ciref mène depuis dix ans des recherches pour créer des variétés de fraises résistantes à l’oïdium grâce à la Sélection assistée par marqueurs moléculaires.

Aucune variété de fraise n'est totalement résistante à l'oïdium d'où la piste de la création variétale pour lutter contre cette maladie. © G. Dubon

L’oïdium est une des principales maladies sur fraisier. Or, aucune variété existante n’est totalement résistante à l’oïdium causé par le champignon P. aphanis. La création de variétés résistantes à ce pathogène est un des challenges que s’est fixé le Ciref, obtenteur français de variétés de fraises et de fruits rouges. « La résistance à l’oïdium s’acquiert à travers plusieurs gènes. Cette résistance multigénique induit des mécanismes de défense complexes », expliquait Aurélie Petit du Ciref, lors de la Rencontre Ecophyto Fraise organisée par l’APREL, à Avignon, fin novembre. Pour créer de telles variétés, le Ciref a décidé d’utiliser la stratégie de la Sélection assistée par marqueurs moléculaires (SAM) qui consiste à repérer des marqueurs moléculaires entourant les régions chromosomiques portant les gènes de résistance (appelées QTL pour Quantitative Trait Loci). « Mais l’identification de ces marqueurs sur les cartes génétiques du fraisier n’est pas encore réalisée », notait la scientifique. La première étape a été de localiser les QTL de résistance. Un premier croisement entre deux variétés moyennement tolérantes a permis de détecter seize QTL situés sur onze chromosomes. Mais l’ensemble de ces QTL n’explique pas entièrement la résistance à l’oïdium. Leurs effets sont faibles et instables dans le temps. « Cette instabilité peut s’expliquer par de fortes interactions avec l’environnement ou par plusieurs souches d’oïdium », avançait la spécialiste.

Créer rapidement des variétés résistantes

Un second essai a donc été mis en place avec le croisement de deux autres variétés afin de déterminer les autres QTL. « Nous noterons en 2018 les dégâts de maladie sur ce second croisement afin d’identifier de nouveaux QTL puis nous les comparerons aux seize QTL observés dans l’étude précédente, commentait Aurélie Petit. Grâce à cette étude, nous espérons identifier les marqueurs moléculaires pour la SAM de résistance à l’oïdium et ainsi pouvoir créer rapidement des variétés résistantes ». D’ores et déjà, huit variétés tolérantes à l’oïdium mais ne présentant pas les autres caractères d’intérêt du cahier des charges ont été retenues parmi les ressources génétiques et sélections du Ciref. « Elles sont utilisées comme parents pour les croisements », concluait Aurélie Petit. En attendant l’application de la SAM, le Ciref propose comme variétés tolérantes à l’oïdium, Cirafine, Ciflorette, et bientôt CIR121 qui est en fin d’évaluation dans le cadre de ses nouveaux consortiums de producteurs.

 

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